Sylvie CHOUPAUX,

infirmière en Suisse, 14 ans d’expérience en milieu hospitalier.

Elle nous livre son expérience…

SYLVIE, COMMENT FONCTIONNE LE COLON ?

Le gros intestin ou côlon, représente la dernière partie du tube digestif, mesure environ 1m50, a un diamètre de 3 à 5 cm. Sa paroi contient de nombreux replis musculaires délimitant une série de poches bombant vers l’extérieur. C’est grâce à l’importante surface créée par ses replis que le côlon peut effectuer tous ses rôles.
Au vu de ces informations, on peut donc facilement imaginer que tous ces coudes et replis peuvent s’encombrer.
La muqueuse du côlon est constituée d’une seule couche de cellules épithéliales, d’une épaisseur de 25 à 30 millièmes de millimètres, qui sépare le contenu de l’intestin des nombreux capillaires sanguins et lymphatiques.
L’intégrité de cette muqueuse est donc essentielle.

Sylvie CHOUPAUX

EST-CE QUE LE COLON JOUE UN ROLE IMPORTANT ?

Le côlon est un élément essentiel de notre organisme. Alors il est important, OUI, tout à fait ! Il est non seulement l’organe où transite notre alimentation quotidienne, mais aussi une véritable zone d’échanges, aux rôles divers et variés :

  • Moteur pour l’évacuation des résidus
  • Maintien de l’équilibre hydrique par réabsorption de l’eau (environ 1 litre par jour)
  • Absorption de sels minéraux et de vitamines (B et K)
  • Rôle immunitaire
  • Sécrétion de mucus pour protéger la muqueuse.

Tous ces mécanismes sont possibles grâce à la présence de 100 000 milliards de bactéries qui forment notre flore intestinale : c’est la microbiote. La flore c’est également une source de nourriture et d’énergie pour les cellules de la muqueuse. elle garantit aussi son intégrité en produisant des substances antibiotiques, antivirales et des antifongiques volatils. ces bactéries synthétisent aussi des acides organiques et réduisent ainsi le pH au niveau de la paroi intestinale, empêchant ainsi la prolifération de mauvais microbes.

La flore forme donc une véritable protection et intervient de façon importante dans l’intégrité de notre système digestif.

Sylvie CHOUPAUX

POURQUOI DIT-ON QUE NOTRE COLON EST NOTRE DEUXIEME CERVEAU ?

Parce que les récentes recherches menées par le Professeur Michel Neunlist, Directeur de l’Unité Inserm U913 qui étudie la neuro-gastroentérologie, ont permis de montrer que les cellules nerveuses du cerveau et de l’intestin proviennent de la même plaque neuronale embryonnaire. Tout comme le cerveau, l’intestin produit des neurotransmetteurs dont la sérotonine, la substance qui influence les états d’âme. D’où son nom de « deuxième cerveau » baptisé ainsi par Michael Gershon, Professeur au Département D’anatomie et Biologie Cellulaire de l’Université de Columbia à New-York, dans son livre : The Second Brain paru en 1995.
Ces deux cerveaux sont en étroite relation et communiquent entre eux via le nerf vague grâce à certaines cellules de la barrière intestinale, aidées par les bactéries de la flore. L’un agit sur l’autre et vice et versa.
Cette interaction permet de comprendre d’une part , l’influence de l’état du côlon sur notre système nerveux et psychique, et d’autre part, l’impact du stress et des émotions sur notre intestin dont on dit qu’il garde la mémoire de certains vécus mal “digérés”…
Ne dit-on pas : “Cette histoire, je ne l’ai pas évacuée !” ?

Sylvie CHOUPAUX

Une altération du fonctionnement du côlon aura des conséquences néfastes sur l’état général. 

DONC, L’EVACUATION EST LE MAITRE-MOT ?

L’élimination des déchets est absolument…VITALE !

Le côlon est le principal organe d’élimination de notre corps avec les reins, les poumons, la peau et la lymphe.

Sylvie CHOUPAUX

D’OU PEUVENT PROVENIR CES PERTURBATIONS ?

Elles ont plusieurs origines possibles :
– une alimentation déséquilibrée, dépourvue de bons nutriments, avec excès de viande, de mauvaises graisses, de sucre, de produits laitiers, et surtout trop pauvre en fibres indispensables à la flore et au transit.

– la sédentarité, le manque d’activités physiques et une hydratation insuffisante.

– l’ingestion régulière de substances toxiques (pesticides, insecticides, colorants, additifs divers, conservateurs, métaux lourds, tabac), la prise d’antibiotiques…

– le stress par action sur le système nerveux entérique. En effet, le péristaltisme, la sécrétion des sucs digestifs sont en partie sous sa dépendance. Ainsi les agressions, tensions ou blocages psychologiques auront des répercussions sur l’intestin.

De récentes études ont aussi montré l’influence du stress sur la flore intestinale.

Sylvie CHOUPAUX

QUELLES PEUVENT ETRE LES CONSEQUENCES D’UNE MAUVAISE HYGIENE DE VIE ?

Ces phénomènes conduisent à des perturbations de la motilité intestinale. Des troubles à ce niveau, comme la paresse intestinale, vont entraîner une stagnation du contenu du côlon, source d’irritation de la paroi, et induire des processus de fermentation et de putréfaction avec pour conséquences une perturbation de la colonisation bactérienne ou encore la formation de métabolites toxiques.
C’est à ce moment-là que peuvent apparaître certains troubles… 

Sylvie CHOUPAUX

ET QUELS SONT-ILS ?

  • Fatigue
  • Troubles du transit
  • Surpoids
  • Lourdeurs
  • Ballonnements
  • Déprime
Sylvie CHOUPAUX, entretien réalisé à Rolle, le 21 mai 2015.

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